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Emmigration en Algérie

Emmigration en Algérie

Par Pierre BOLLE

3 départs : novembre 1881/ octobre 1890 / 1920-1921

1 – La situation dans la vallée de Freissinières en 1879
Au 13ème et au 14ème siècle, cette vallée devient un refuge pour les Vaudois car les difficultés d’accès et les chemins abrupts leur permettent d’échapper plus facilement aux persécutions et leur procurent une relative tranquillité. Le maximum de la population est obtenu en 1826 avec 935 habitants. 50 ans plus tard, 15% sont partis pour d’autres horizons et il reste 792 personnes en 1878. Les protestants représentent la moitié de la population. Pour les hommes et les femmes des différents hameaux, la vie est rude, très dure même. D’octobre 1823 à avril 1827, Félix NEFF, « l’apôtre des vallées Vaudoises françaises », non seulement réveille la foi mais se conduit comme un instituteur et un chef de travaux. Mais le relief et le climat sont tels que les récoltes sont bien souvent compromises par des hivers très longs. Le dicton local résume bien la situation : « Neuf mois d’hiver, trois mois d’enfer ! ».

L’économie de la vallée est presque totalement fermée : la viande de porc salée, de chamois ou de marmotte, les choux et les pommes de terre sont la base de l’alimentation avec le pain de seigle cuit en décembre pour toute l’année. Les parcelles de terre sont de plus en plus réduites par suite des partages successifs. L’hiver 1878-1879 a été particulièrement long et rigoureux. Emile NIEL, alors instituteur, écrit alors à un pasteur genevois les épreuves subies par ses concitoyens et imagine donc l’émigration en Algérie. Ils sont quinze familles de Dormillouse prêts à aller coloniser en Afrique où M ELDIN, pasteur à Oran a écrit « nous n’aurions qu’à défricher, ensemencer et construire une petite maisonnette. Il parait que le sol est fertile et le climat sain » Mais cette utopie ne peut devenir une réalité sans l’aide indispensable du « Comité Protestant de Lyon ».

2 – Le Comité protestant de Lyon et le premier départ
L’oeuvre et le nom de Félix Neff sont connus en France mais aussi en Suisse et en Grande Bretagne. A son retour en Suisse, peu avant sa mort, il décrit à tous ceux qu’il rencontre la situation de la Vallée de Freissinières et tout ce qu’il reste encore à faire au point de vue matériel et spirituel. Avant de gagner la Suisse et de gagner les Eglises protestantes en France, le mouvement de réveil avait pris naissance en Grande Bretagne. Félix NEFF était allé à Londres en 1823 pour recevoir la consécration pastorale et durant ce séjour, il avait parlé à de nombreux amis des vallées vaudoises des Hautes Alpes. Une décennie plus tard, de nombreux touristes anglais viennent visiter ces vallées. Deux anglais, le révérend William FREMANTIE, pasteur à Lyon et un négociant établi dans cette ville, Ed. MILSOM créent en 1856 le « Comité protestant de Lyon pour l’évangélisation et l’instruction des vallées de Félix NEFF et des départements du sud-est de la France ».

Ce comité rassemble des Anglais et des Français, des pasteurs et des laïcs, reçoit une aide importante d’Angleterre, de Suisse et de France. Il est appuyé par trois sociétés de Londres :
- La Société Continentale d’Evangélisation (fondée en 1818)
- La Société d’Aide à l’Etranger
- Le Fond Vaudois

Le Comité de Lyon est responsable des écoles de la vallée : Dormillouse, les Viollins, les Ribes et Pallon. En 1878, il suscite l’installation d’un « magasin de consommation » à Pallon avec l’aide du Fond Vaudois de Londres. C’est une société coopérative qui donne aux habitants de la vallée, en échange de foin, grains, laine ou cuirs des marchandises de tous genres achetées en gros à Marseille ou à Grenoble. Le Magasin se charge de vendre à l’extérieur les produits locaux. En 1879, le Comité est sollicité par les chefs de famille de Dormillouse pour trouver une solution à la situation catastrophique des protestants de la vallée. En premier lieu, une subvention de 1 000 Francs est accordée aux habitants de Dormillouse. Puis, le Comité rentre en relation avec les Pasteurs ASTIER à Mostaganem et ELDIN à Oran en Algérie. Emile NIEL est le coordinateur de cette entreprise : il correspond avec le Comité, les parlementaires, les pasteurs de l’Oranie, le Gouverneur général de l’Algérie, et apporte des informations précises sur les obstacles à surmonter, le climat politique et social, les conditions matérielles de la colonisation. Le Gouverneur général répond le 3 JUILLET 1881 à Emile NIEL que 13 familles sont admises au centre des Trois Marabouts, à 75 km au sud-ouest d’Oran, près d’Aïn Temouchent. Ces familles quittent donc la vallée à l’automne et 38 personnes sont installées le 13 Novembre sur leur nouvelle terre. Pour cette première installation le Comité lance un appel spécial dans toute l’Europe protestante et récolte 65 000 Francs. Le Pasteur Louis BRUNEL de Freissinières fait un déplacement en Hollande et obtient 5 000 Francs de la famille royale. En 1890, un nouveau départ est prévu qui sera pris en charge par une véritable société de colonisation : la Société COLIGNY.

3 - la Société COLIGNY, maître d’œuvre des 2ème et 3ème départs.
C’est la misère des protestants de Freissinières qui provoque la création de cette société. Durant l’hiver 87-88, le journal LE SIGNAL consacre une série d’articles à l’émigration indispensable de ces familles pauvres et éprouvées, et lance en conclusion l’idée d’une « Société protestante de Colonisation ». Cette idée trouve un accueil favorable et le 15 mars 1888 une assemblée préparatoire a lieu qui constitue cette société, nomme comme président le Docteur Gustave MONOD (1803-1890) et comme secrétaire général Eugène REVEILLAUD (1851-1929) Cette société prend le nom de SOCIETE COLIGNY pour honorer la mémoire du plus grand des huguenots, qui fut en même temps le premier à pousser les français dans les voies de la colonisation. Le 12 juillet 1890, elle est autorisée comme association de bienfaisance. Son premier dossier est donc celui des protestants de Freissinières. Le lieu choisi est celui de GUIARD à l’ouest d’AïnTremouchent : il est à 15km du premier établissement et le gouvernement général met 22 concessions à la disposition des protestants « Alpins ». Chaque concession représente 25 ha divisés en 4 lots : bâtiments, jardin, vigne et grande culture. Cette population protestante entraîne la construction d’un temple comme édifice religieux et l’école mixte doit être dirigée par une institutrice protestante. Le deuxième départ a lieu le 23 octobre 1890 avec 22 familles (110 personnes). Emile NIEL part avec eux et les accompagne jusqu’à Oran. La Société a fait une avance à chaque famille d’environ 4 à 5000 francs. Le remboursement s’échelonne sur 10 ans à partir de la 5ème année, sans intérêt. Ces conditions favorables s’ajoutent au nouveau centre situé sur une terre volcanique, légère et fertile et de l’eau en abondance. Eugène REVEILLAUD était venu lui-même pour choisir l’emplacement et ses interventions auprès du Gouverneur Général ont été très utiles. Ce deuxième départ entraîne une baisse de un quart de la population en 10 ans. Ceux qui restent se contentent de leur sort : quelques colons sont revenus, aigris, mécontents, très critiques envers la Société Coligny. Les catastrophes continuent avec, en 1901, une avalanche aux Viollins qui arrache plus de 200 arbres. Les années passent et les nouvelles sont meilleures en provenance de l’Algérie. Un 3ème départ est envisagé mais l’arrivée de la guerre et l’absence des hommes arrêtent le projet. Quatre ans plus tard, le bilan est lourd avec 33 morts ! En 1919, dix familles sont admises dans le nouveau centre de Ténézera à 30 km au sud de Sidi-Bel-Abbès. La Société Coligny intervient mais dans d’autres conditions : elle demande un intérêt de 5% et un remboursement sur 9 ans, le paquebot est toujours gratuit mais le chemin de fer est à demi-tarif, chaque émigrant n’a droit qu’à 30kg de bagages. Daniel ARNOUX a une dérogation de 500 kg pour pouvoir emporter son matériel de maréchal forgeron. Les départs s’échelonnent de 1920 jusqu’à la fin de 1921. A l’occasion de ces trois départs, 45 familles ont quitté la vallée de Freissinières mais 17 ne se sont pas adaptées aux nouvelles conditions de vie. La plupart s’est installée dans le Sud de la France. Trois caractères sont dégagés de cette mini étude :
- C’est tout d’abord un exemple d’émigration où les problèmes économiques et sociaux sont difficiles à dissocier des problèmes religieux. Il s’agit bien de permettre à des protestants de rester unis par leur foi, par leurs habitudes de vie commune, par un passé qui ne manque pas de grandeur et d’éviter de se diluer et de perdre toute identité dans une population catholique.
- Mais, d’une part, c’est une émigration banale et de peu d’ampleur de quelques paysans d’une des vallées les plus déshéritée des Alpes françaises et d’autre part, elle provoque la création de la Société Coligny qui soulève l’intérêt de tout le protestantisme d’Europe Occidentale et même des Etats-Unis et entraîne la sympathie de deux familles royales aux Pays Bas et en Angleterre.
- C’est une histoire dont, jusqu’à une période très récente, les habitants actuels de la vallée ne parlaient pas aisément car ces départs ont rompu une certaine unanimité, ont provoqué des jalousies et aussi des ressentiments entre les familles.

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